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Actualité du

DROIT DE LA SECURITE SOCIALE

(Décisions récentes)

 

Un arrêt du Conseil d'Etat du 5 mars 2008

 

Le Conseil d'Etat applique les règles de calcul de l'indemnité due à la victime d'un accident sur recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale énoncées dans son avis contentieux du 4 juin 2007.

 

CE 5 mars 2008 Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Seine-Saint-Denis
N° 272447   
Publié au recueil Lebon

 

·        Contamination VIH – Responsabilité – Transfusion : en cas de concours de responsabilité entre celui qui par sa faute a rendu nécessaire une transfusion sanguine à l'origine d'une contamination et l'établissement qui a fourni les produits sanguins défectueux, ce dernier est, comme dans l'hypothèse d'une pluralité de coauteurs, tenu de contribuer pour moitié à la réparation du dommage

A la suite d'un accident de la circulation dont la responsabilité a été imputée à M. X..., Laurence Y... a subi une intervention chirurgicale et reçu des produits sanguins fournis par le Centre régional de transfusion sanguine de Bordeaux (CRTS) ;

Après avoir appris qu'elle était contaminée par le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH), elle a recherché la responsabilité de l'Etablissement français du sang, venant aux droits du CRTS, qui a été condamné in solidum avec la Mutuelle d'assurances du corps sanitaire français (MACSF) à verser différentes indemnités à ses ayants droits au titre du préjudice résultant de la contamination ; que l'EFS a assigné M. X... et la Mutuelle assurance des travailleurs mutualistes (MATMUT), son assureur, en garantie de cette condamnation ; que par arrêt du 26 janvier 2000, la cour d’appel a débouté l’EFS de ses demandes ; que cette décision a été cassée par un arrêt de la deuxième chambre civile (2ème Civ., 6 mars 2003, Bull., n° 57) pour n'avoir pas caractérisé la faute personnelle du conducteur impliqué ; que l'arrêt attaqué a jugé que M. X... avait commis une faute au sens de l'article 1382 du code civil ;

Pour condamner in solidum M. X... et la MATMUT à garantir l’EFS et la MACSF de la totalité des sommes payées au titre des préjudices résultant de la contamination, l’arrêt attaqué a relevé, en se fondant sur le rapport d'expertise médicale judiciaire selon lequel aucun dépistage du VIH n'avait été réalisé en mars 1985 compte-tenu des données de la science, qu’aucune faute délictuelle ou quasi-délictuelle n'avait été commise par le CRTS. Or, cas de concours de responsabilité entre celui qui par sa faute a rendu nécessaire une transfusion sanguine à l'origine d'une contamination et le CRTS qui a fourni les produits sanguins défectueux, ce dernier est, comme dans l'hypothèse d'une pluralité de coauteurs, tenu de contribuer pour moitié à la réparation du dommage ; (cassation)

05-15.235

Arrêt n° 1177 du 5 juillet 2006

Cour de cassation - Première chambre civile

Michel X... et autre

établissement français du sang Aquitaine Limousin,

 

·        Faute inexcusable de l'employeur : indemnisation du salarié : Lorsqu’un salarié est licencié en raison d’une inaptitude consécutive à une maladie professionnelle, elle-même imputable à une faute inexcusable de l’employeur, ce salarié a droit à une indemnité réparant la perte de son emploi due à cette faute.

En vertu du contrat de travail, l'employeur est tenu d'une obligation de sécurité de résultat (art. L. 230-2 du Code du travail) notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles contractées par le salarié du fait des produits fabriqués ou utilisés par l'entreprise et les accidents du travail (Cass. soc., 28 févr. 2002, et Cass. soc., 11 avr. 2002).

Lorsqu'un salarié a été licencié en raison d'une inaptitude consécutive à une maladie professionnelle, jugée imputable à une faute inexcusable de l'employeur, il a droit à une indemnité réparant la perte de son emploi, due à cette faute de l'employeur.

Par arrêt du  17 mai 2006, la Cour régulatrice précise que les juges du fond doivent apprécier souverainement les éléments à prendre en compte pour fixer le montant de cette indemnisation, à laquelle ne fait pas obstacle la réparation spécifique afférente à la maladie professionnelle ayant pour origine cette faute inexcusable de l'employeur.

Un salarié victime d’une maladie professionnelle due à une faute inexcusable de son employeur peut ainsi obtenir des indemnités et réparations sur différents terrains : l’article L452-1 du Code de la Sécurité Sociale permet d’obtenir un complément d’indemnisation sur le fondement de la faute inexcusable de l’employeur (  droit commun de la Sécurité Sociale  ), l’article L122-32-6 du Code du Travail, d’obtenir une indemnité doublée sous certaines conditions (  lors d’un licenciement pour inaptitude  ). Enfin, et c’est tout l’enjeu de cet arrêt, il est désormais possible d’être indemnisé de la perte de son emploi en cas de faute inexcusable de l’employeur.  

Cour de cassation Chambre Sociale – 17 mai 2006 (arrêt n° 04-47455)

 

(Cass ; 2ème CIV. - 9 mars 2006,N° 04-30.460.) 

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